السلام عليكم ورحمة الله وبركاته أخى ابو علاء وجدت هذا المقال باللغة الفرنسية ومنقول من هذا الموقع
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BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE

Direction des Collections

Département de l’Audiovisuel

Service des documents sonores



MELCOM 2002

29 mai 2002



Du Maghreb à l'Asie centrale :


un siècle de documents sonores


au Département de l'Audiovisuel de la Bibliothèque nationale de France



Mounia Baina,

Pascal Cordereix,

Bibliothèque nationale de France


Nous vous proposons un voyage dans le temps et dans l’espace à travers les collections sonores du département de l’Audiovisuel.

En introduction à ce voyage, nous préciserons deux choses :

- ce voyage mettra l’accent sur les musiques populaires éditées, sur la « chanson », telle qu’elle apparaît dans nos collections, plutôt que sur les enregistrements inédits de musiques « traditionnelles ». Il nous a semblé en effet que la forme musicale choisie se prêtait mieux à cette courte présentation,

- ensuite, nous ne vous proposons pas une analyse musicologique, mais plutôt une approche à travers le prisme de l’édition phonographique, ou comment celle-ci a traduit, a constitué en répertoires les pratiques musicales des différents pays que nous allons survoler.


Ceci posé, l’origine de cette collection que nous allons vous présenter brièvement remonte à 1911 quand Ferdinand Brunot crée les Archives de la parole à la Sorbonne. Il veut faire de ces Archives sonores un conservatoire, un musée de la parole dont l’objectif est d’enregistrer et conserver pour les générations futures les témoignages oraux de la langue parlée. Il enregistre ainsi nombre de ses contemporains illustres comme Guillaume Apollinaire ou le capitaine Dreyfus. Il part également sur les routes de France pour enregistrer sur le terrain les patois et dialectes qui se parlent encore dans les régions françaises avant la guerre de 1914. Mais il porte également un grand intérêt aux langues parlées dans le monde entier.

Et dans ce registre, il va recevoir une aide très importante de la part d’Emile Pathé, le directeur de la firme discographique Pathé. Il faut savoir que les Archives de la parole sont créées grâce au mécénat d’Emile Pathé qui les équipe de phonographes, de cires d’enregistrements vierges et qui délégue l’un de ses techniciens pour assister Ferdinand Brunot. Mais Emile Pathé fait plus puisqu’il fait don aux Archives de la parole d’une collection de près de 1 000 disques en provenance de ses succursales installées à l’étranger. En effet, dès le début du siècle, Pathé comme les autres grandes firmes discographiques étrangères : la Gramophone allemande ou encore la Columbia américaine rayonne sur le monde entier grâce à des succursales qui lui permet d’adapter son offre aux particularités des différents marchés locaux. C’est ainsi que la filiale russe de Pathé procéde à de nombreux enregistrements sur un territoire très vaste allant de la Russie à l’Afghanistan, en passant par toutes les anciennes républiques soviétiques : la Tchétchénie, la Kirghizie, l’Ossétie…

Le premier extrait que nous vous proposons d’écouter provient de cette collection donnée par Emile Pathé à Ferdinand Brunot en 1911. Il s’agit d’un chant du Lorestan, cette région de l’ouest de l’Iran, enregistré vers 1910.

En même temps que la musique, vous verrez les étiquettes centrales, recto et verso, du disque. Vous verrez également les étiquettes centrales d’un autre disque de la même collection enregistré lui, en Ingouchie à la même époque.


Iran, région du Lorestan :

Koussouni Mogamed Ali, Kaliandar, poème d’amour chanté, Pathé 25789/90, 1 disque : 80 t à saphir ; 29 cm, [ca] 1910

Don de la firme Pathé aux Archives de la Parole

[Cote AP 000375

[Cote de la copie numérique consultable en Salle P (Espace Chercheur) SDCR 001662

Cette politique d’implantation à l’étranger des grandes marques discographiques a évidemment des rapports avec la « politique » tout court, et avec l’histoire. Dans les années 1920 – 1930, la très forte implantation de la firme Pathé en Afrique du Nord doit évidemment beaucoup à la présence coloniale de la France dans cette région. Pathé y développe un catalogue très important, en concurrence directe d’ailleurs avec d’autres marques comme la Columbia américaine ou encore la marque allemande Odéon également très présente au Moyen Orient dès 1903, nous y reviendrons. Il ne faut pas oublier que le disque est une industrie et que l’industrie est une arme au service de la politique.

L’enregistrement de Cheikh Madani que je nous vous proposons d’écouter maintenant est extrait du catalogue Pathé, il a été produit vers 1925. Avec Cheikh Madani, on a évidemment un des interprètes les plus importants des musiques populaires algériennes du XXe siècle. Je pense inutile d’insister sur la filiation directe entre Cheikh Madani et les enregistrements consacrés au raï en fin de notre liste.

Vous verrez d’ailleurs que Pathé a soin de mentionner l’origine régionale et donc les spécificités musicales et dialectales de ses interprètes algériens, en précisant « oranais » ou « constantinois », ….


Algérie, Oranais :

Cheikh Madani, Goul el si Mohamed, Pathé 55049, 1 disque : 80 t. à saphir ; 27 cm, [ca] 1925

Don de la firme Pathé aux Archives de la Parole

[Cote casier : boîte 108, casier 494


Mais très rapidement, cette politique expansionniste des grandes marques les conduit soit à diffuser, soit à créer des labels locaux qui vont permettre de développer des catalogues spécifiques. C’est particulièrement vrai pour le Moyen Orient et les foyers musicalement extrêmement productifs que sont l’Egypte, le Liban, ou encore la Syrie.

Un premier exemple nous est donné avec le label Polyphon qui n’est autre que la branche moyenne orientale du groupe allemand Polydor.

Nous avons choisi spécifiquement ce disque Polyphon d’Ibrahim Effendi Asfour car il faisait partie de la discothèque personnelle de Maurice Ravel, qui a été légué à sa mort à la Phonothèque nationale.

C’est un enregistrement de 1928.

Pendant la diffusion de l’extrait sonore, vous verrez également deux autres étiquettes de disques représentatives des catalogues des grandes firmes internationales : un enregistrement marocain de la Gramophone, et un autre enregistrement Pathé, turc, celui-ci.


Egypte :

Ibrahim Effendi Asfour, Ya Masr ebki ala fakd el zaim, Polyphon V 43517, 1 disque : 78 t. à aiguille ; 27 cm, 1928

Disque appartenant à la collection personnelle de Maurice Ravel, donné à la Phonothèque nationale

[Cote SD 78 25 012055


Mais il est indéniable que les deux maisons de disques moyennes orientales les plus productives, qui vont constituer les catalogues les plus riches et les plus durables sont Baidaphon et Cairophon ; les deux d’ailleurs sont libanaises.

Dans notre parcours historique, nous en sommes maintenant aux années 30. Et aborder à la fois des labels comme Cairophon et les années 30, revient immanquablement à évoquer un âge d’or de la chanson égyptienne. Il y a des raisons culturelles, politiques et historiques précises qui expliquent cet âge d’or, nous n’avons évidemment pas le temps de nous y arrêter. Mais de cet âge d’or, on ne peut pas ne pas retenir les deux mythes que sont Asmahan et Oum Kalsoum.

Asmahan est née en 1918, elle commence à enregistrer vers 1937-38. Ce qui a crée le mythe Asmahan est probablement la brièveté de sa carrière, puisqu’elle est décédée dans un accident d’automobile en 1944. La rumeur veut d’ailleurs que cet accident ait été provoqué par les services secrets présents au Caire à la fin de la guerre.

Nous ne possédons pas les enregistrements originaux d’Asmahan, aussi avons-nous choisi de vous faire écouter un extrait d’un de ses titres les plus célèbres enregistré à la fin de sa carrière, en 1944, extrait d’une comédie musicale, dans une réédition en 45 tours de 1968. Vous verrez par ailleurs dans une réédition plus récente, comment progressivement Asmahan a accédé au statut d’icône.


Egypte :

Asmahan, Layali el oums, 1944

Réédition Baidaphon BA 66, 1 disque : 45 t. ; 17 cm, [ca 1968]

Reçu par dépôt légal

[Cote E 68 002183


Dans la mesure où il faudrait consacrer une journée entière à Oum Kalsoum, nous passerons très rapidement. Mais nous voulions vous présenter un disque devenu rare puisqu’il s’agit d’un des enregistrements Odéon d’Oum Kalsoum. Cette dernière en effet n’a enregistré sur Odéon qu’une seule année, en 1926. Le reste de ses enregistrements de jeunesse étant sur Gramophone. Après la guerre, elle enregistrera pour Cairophon.

Oum Kalsoum en 1926 : il s’agit d’un disque appartenant à la discothèque personnelle de Roger Dévigne qui fut le premier directeur de la Phonothèque nationale en 1938.


Egypte :

Oum Kalsoum, Suftu bi’ayni, Odéon X 55568, 1 disque : 78 t. à aiguille ; 27 cm, 1926

Disque appartenant à la collection personnelle de Roger Dévigne, premier directeur de la Phonothèque nationale en 1938 ; donné à celle-ci en 1965.

[Cote Odéon X 55568


Mais les années 1930 sont également une période où l’enregistrement sonore va devenir le support d’une approche scientifique de l’oralité, sous sa forme parlée, mais aussi et surtout musicale. Nous en donnerons deux exemples très opposés dans leur démarche.

Le premier a pour cadre l’Exposition coloniale de Paris de 1931, pendant laquelle le Musée de la Parole et du Geste va effectuer 346 enregistrements qui constituent « l’anthologie musicale de l’Exposition ».

Nous vous proposons d’écouter un chant mauritanien enregistré à l’occasion de l’Exposition. Ces enregistrements figurent d’ailleurs parmi les toutes premières captations sonores de l’expression musicale mauritanienne.


Exposition coloniale internationale de Paris, 1931 :

Mauritanie : Hammed Touif, Nefissa N’Boua, L’bial : chant d’amour et de séparation, Musée de la Parole et du Geste, 1 disque : 78 t. à aiguille ; 25 cm, 1931

[Cote de la copie numérique consultable en Salle B (Espace Tout public) SDCH 000301

[Cote de la copie numérique consultable en Salle P (Espace Chercheur) SDCR 003980


Le second exemple se situe dans une démarche radicalement différente de celle de l’Exposition coloniale puisqu’il s’agit du Congrès de musique arabe du Caire de 1932. Pour les tenants et aboutissants du Congrès, nous renvoyons aux écrits de Christian Poché. Nous nous bornerons à relever trois éléments :

- le premier est l’initiateur du Congrès, le baron d’Erlanger, auteur d’une somme sur la musique arabe, récemment rééditée. Mais il faut également évoquer le baron d’Erlanger comme fondateur du palais Ennejma Ezzahra en Tunisie qui abrite désormais le Centre des musiques arabes et méditérranéennes,

- le deuxième élément à évoquer à propos du Congrès est la place très importante et très novatrice qu’y tient l’enregistrement sonore puisqu’une des sections de travaux du Congrès lui est dévolue. Et les 342 faces de 78 tours enregistrées réalisés dans le cadre de ce Congrès offre un panorama extraordinaire des musiques populaires et savantes, rurales et urbaines, religieuses et profanes du monde arabo-maghrébin,

- le dernier élément à souligner est la rareté de ces enregistrements, en tous les cas des enregistrements originaux, puisqu’il n’existe que 3 collections originales : l’une est conservée à la British Library, l’autre au Musée Guimet, à Paris, enfin la troisième est ici, au département de l’Audiovisuel. Cette dernière fut donnée en 1935 au Musée de la Parole et du Geste par le roi Fouad 1er d’Egypte.

Un premier exemple des enregistrements du Congrès du Caire avec un chant soufi


Congrès de Musique arabe du Caire, 1932 :

Chant soufi :

Cheikh Ahmad El Bassatini, Ya saba balligh ilayhem Salami, Gramophone-His Master’s Voice HC 68, 1 disque : 78 t. à aiguille ; 25 cm, 1932

Don du roi Fouad 1er d’Egypte au Musée de la Parole et du Geste, 1935

[Cote de la copie numérique consultable en Salle P (Espace Chercheur) SDCR 000357


Un second exemple : un chant de l’église copte égyptienne


Congrès de Musique arabe du Caire, 1932 :

Egypte : Chant de l’église copte :

Interprètes non mentionnés, Tin uw uwsut wa Sîrîh Mâriyâ wa Allîlûyâh : alhân al-Kanîsat al-qubtiyyat, Gramophone-His Master’s Voice HD 14, 1 disque : 78 t. à aiguille ; 30 cm, 1932

Don du roi Fouad 1er d’Egypte au Musée de la Parole et du Geste, 1935

[Cote de la copie numérique consultable en Salle P (Espace Chercheur) SDCR 000357


Nous venons d’évoquer par deux fois le Musée de la parole et du geste, à propos de l’Exposition coloniale de 1931, et à propos des enregistrements du Congrès du Caire. Il faut préciser que celui-ci est le successeur des Archives de la parole de Ferdinand Brunot, et qu’il va continuer le travail d’enregistrement sonore des langues entrepris par Ferdinand Brunot en 1911.

Nous vous proposons en exemple avec l’enregistrement d’une lecture de l’Evangile en langue syriaque.

Langue syriaque :

Récitation de l’Evangile en « vieux syriaque et syriaque moderne » : test linguistique enregistré par le Musée de la Parole et du Geste, 1 disque : 78 t. à aiguille ; 25 cm, entre 1925 et 1930

[Cote casier : boîte 99, casier 468


Dans ce parcours un peu chaotique dans nos collections, le cinéma, et évidemment plus particulièrement le cinéma égyptien, va nous permettre une transition entre l’avant-guerre et les années 50. Si à partir des années 30, la chanson en Egypte tient une place prépondérante dans la culture et dans l’identité égyptienne, le cinéma n’a rien à lui envier. Les deux d’ailleurs vont souvent fusionner : les stars de la chanson devenant immanquablement des stars du cinéma. C’est notamment le cas de la troisième figure de légende de la chanson égyptienne qu’il faut évoquer Farid El Atrache.

Mounia Baina a choisi l’extrait suivant, qui date de 1951, car il nous semble que la scène qu’il comporte est devenu impensable dans le cinéma égyptien d’aujourd’hui.

Farid El Atrache avec Samia Gamal dans un extrait de Taala Sallem


Egypte : Document vidéo :

Taala sallem, avec Samia Gamal et Farid el Atrache, 1951

Réédition vidéo : Scherzo vidéo productions, 1 cassette vidéo : n. et bl. SECAM ; 1/2 pouce VHS, [ca] 1991

Reçu par Dépôt légal

[Cote VK 015435


Avec les années 60, l’enregistrement sonore, en France, devient, ou redevient plutôt, militant. Par ailleurs, il fait une large place à la littérature et à la poésie. Une marque comme Le Chant du Monde est très révélatrice de cette double démarche. Le Chant du Monde a été créé dans les années 1930, dans la mouvance du Parti communiste français, et à l’aube des années 60, il reste très proche cette idéologie.

Nous vous proposons un très bel enregistrement du poète turc Nazim Hikmet


Turquie :

Nazim Hikmet, Adieu, extrait de « La voix de Nazim Hikmet : 13 poèmes dits par l’auteur », Le Chant du Monde LDY 6019, 1 disque : 45 t. ; 17 cm, 1961

Reçu par Dépôt légal

[Cote E 21739

[Cote de la copie numérique consultable en Salle B (Espace Tout public) SDCH 000109

[Cote de la copie numérique consultable en Salle P (Espace Chercheur) SDCR 001042


Du militantisme à la propagande, il n’y a qu’un pas est l’enregistrement suivant en est l’illustration. Il s’agit d’un coffret de 4 45 tours, avec un abondant livret, toujours produit par le Chant du Monde en 1968, et consacré au « folklore » des républiques de l’URSS. Il est inutile d’insister sur le décalage qui pouvait exister entre la vision de ces république offertes par ce coffret et la réalité quotidienne de l’oppression culturelle.

Quelques secondes consacrées à l’Ouzbekistan.


Ouzbekistan :

Petite fleur, extrait de « URSS », Anthologie sonore du folklore ASRT2 (publié par la Librairie commerciale et artistique, pressage exclusif par le Chant du Monde), 4 disques : 45 t. ; 17 cm en album (texte et iconographie), [ca] 1968

Reçu par Dépôt légal

[Cote AE 68 00005


Mais la vision des cultures musicales ne se limitent pas à ce discours propagandistes, et c’est dans les années 60, grâce notamment aux progrès technologiques du microsillon, que se mettent en place les grandes collections d’éditions de musiques traditionnelles enregistrées. Nous en citerons une qui est peut-être le modèle de ces collections, la Collection Unesco, l’Anthologie musicale de l’Orient, fondée par Alain Danielou. Celle-ci a commencé a publié au tout début des années 60, et continue aujourd’hui son travail éditorial.

Nous vous proposons un court extrait du Volume trois consacré à l’Afghanistan paru en 1962.


Afghanistan :

Mohammad Naïm Mazari, chant, ritchak ; Abdoul Oudoud, damboura ; Abdoul Masjid, dhol, Chant du Kataran (Turkestan), extrait de « Afghanistan », Bärenreiter-Musicaphon BM 30 L 2003 (UNESCO Collection : A musical anthology of the Orient. Vol. 3), 1 disque : 33 t. ; 30 cm, [ca] 1963

Reçu par Dépôt légal

[Cote B 014605


Basculement entre édition savante et édition populaire. Dans les années 60, les années Nasser en Egypte, grâce au disque et à la radio, Oum Kalsoum devient une légende vivante. Mais dans le même temps, au Liban, une autre voix se fait entendre, et toutes proportions gardées, il n’est pas usurpé de dire qu’aujourd’hui cette voix est LA voix du monde arabe. Il s’agit de Fairouz.

Un des tous premiers enregistrements de Fairouz parvenu en France, en 1958.



Liban :

Fairouz, Ya Rabi’, extrait de « Une soirée avec Fairouz », Pathé LPVO 5 (Voix de l’Orient), 1 disque : 33 t. ; 25 cm, [ca] 1958

Reçu par Dépôt légal

[Cote C 012954


Des années 60, on a retenu la fascination des occidentaux pour l’Inde et pour sa musique. Mais l’autre terre de prédilection de la contre culture fut le Maroc. On ne compte plus les écrivains et les musiciens qui y séjournèrent : parmi ces derniers, Jimi Hendrix ou Mick Jaegger. Brian Jones, le guitariste des Rolling Stones fut lui aussi fasciné par la musique marocaine au point de produire un disque des maîtres flûtistes de Jajouka. Le disque sortit dans le commerce un an après la mort du guitariste. Après lui, d’autres musiciens comme le jazzman Ornette Coleman poursuivirent cette collaboration avec les musiciens de Jajouka, ou d’une manière plus générale avec des musiciens arabes, comme le fit le groupe allemand Dissidenten.


Maroc :

Brian Jones presents the Pipes of pan at Jajouka, enregistré en 1969, édité en 1971.

Réédition CD, Point Music 446 487-2, 1 disque compact, 1995

Reçu par Dépôt légal

[Cote SDC 12 079147


Ces rapprochements entre Orient et Occident, ont toujours existé, mais à l’heure de la mondialisation et de la toute puissance économique de l’Occident, il est évident qu’il pose un certain nombre de questions. L’édulcoration progressive du raï pour satisfaire aux marchés occidentaux en est une illustration. Comme la plupart des musiques populaires du XXe siècle : le jazz, le tango, le rébète, le raï est né dans les bars et les bordels, c’est ce qui faisait sa force contestatrice, et c’est précisément ce que son évolution commerciale a gommé.

Le disque que nous allons entendre de Cheikha Remitti est l’enregistrement qui l’a fait connaître en France en 1989. Mais Cheikha Remitti a commencé sa carrière en Algérie dans les années 1950, et on imagine aisément ce qu’a pu être le parcours d’une femme (c’est un élément important) chantant l’amour et l’alcool (Remitti = Remettez-moi ça) dans l’Algérie socialiste des années 60.

Nous avons parlé à propos d’Asmahan d’« icône », à l’inverse, nous vous présentons un certain nombre de jaquettes de cassettes de Cheikha diffusées en France, vous verrez l’image très contrastée de la femme qui y est donnée.


Algérie :

Cheikha Remitti, Ghir El Baroud, Michel Lévy Productions MLPCD 306, 1 disque compact, 1989

Reçu par dépôt légal

[Cote SDC 12 020200


Cheikha Remitti est une influence majeure pour la génération des « Cheb », des jeunes, parmi eux, les premiers enregistrements de Cheb Mami restent probablement le témoignage le plus intéressant de la nouvelle génération du raï.

Un extrait du premier disque 33 tours de Cheb Mami en 1986 ?


Algérie :

Cheb Mami, Ouach etsalini, Horizon Music HM 011, 1 disque : 33 t. ; 30 cm, 1986

Reçu par dépôt légal

[Cote SD 30 080108


On a vu que dans les années 60, grâce notamment au microsillon, l’enregistrement des musiques de traditions orales est devenu un phénomène éditorial. Dans les années 80, le disque compact va amplifier ce phénomène, et nombre de marques vont se spécialiser dans ce domaine. Des institutions vont développer leur propre catalogue. Nous prendrons deux exemples en France qui paraissent exemplaires de cette démarche qui articule mise en spectacle de ces musiques et captations phonographiques :

- La Maison des Cultures du Monde,

- L’Institut du Monde Arabe.

Nous vous en proposons une illustration avec l’extrait d’un disque produit par l’Institut du Monde Arabe en 1994


Syrie :

Sabri Moudallal, premier muezzin d’Alep ; Firqat al-Turâth, ens. voc. et instr., Wasla dans le mode Hijâz Kâr, extrait de « Chants sacrés et profanes de Syrie », Institut du Monde Arabe 303, 1 disque compact, 1994

Enregistré à l’institut du Monde Arabe (Paris) en octobre 1993.

Reçu par Dépôt légal et acquisition

[Cote du document consultable en Salle B (Espace Tout public) PDCE.011076.3

[Cote du document consultable en Salle P (Espace Chercheur) SDC 12 079722


On a évoqué les convergences entre Orient et Occident, la fascination des musiciens occidentaux pour les musiques orientales ; et la rencontre des boucles et des samples des musiques techno et électroniques avec les structures rythmiques et harmoniques des musiques orientales était inévitable. Ce qui donne lieu à des expérience plus ou moins heureuses, mais quand le guitariste algérien Lili boniche participe lui-même à une réécriture techno de son répertoire, le résultat est tout à fait passionnant.

Algérie :

Lili Boniche, Boniche Dub, Atelier de production et de création, Section musicale APC009, 1 disque compact, 1998

Reçu par Dépôt légal et acquisition

[Cote du document consultable en Salle B (Espace Tout public) PDCE.015305.3

[Cote du document consultable en Salle P (Espace Chercheur) SDC 12 155898


Musiques électroniques, musiques orientales, le point de convergence est souvent la transe. L’intérêt porté à l’heure actuelle aux musiques gnaouas du Maroc s’explique évidemment par cette convergence.

Et c’est avec l’extrait vidéo du documentaire d’Izza Genini consacré aux Gnaouas que nous vous proposons de finir ce voyage.

Maroc : Document vidéo :

Izza Genini, réal., Les gnaouas, Ohra prod., 1 cassette. vidéo (27 mn 14 s) : 1/2 p., SVHS, coul., PAL (support de création : 1 film : 16 mm, coul.), 1989

Reçu par Dépôt légal et acquisition

[Cote du document consultable en Salle B (Espace Tout public) IKM.003379.3

[Cote du document consultable en Salle P (Espace Chercheur) IKM.003379.4